Télé connectée : une révolution dans notre salon ?
Tout a commencé avec la généralisation de l’ordi perso dans nos foyers !
Connecté à la toile, celui-ci a permis de penser une nouvelle manière de consommer l’audiovisuel.
Rapidement, de nouveaux produits nous sont apparus : MP4, smartphones, tablettes numériques, …
Autant de supports qui démocratisent progressivement notre accès au contenu numérique.
Les géants américains du web mènent à présent une offensive de taille. Conquérir
le support historique de l’audiovisuel : notre illustre télévision !
Une évolution majeure, certes. Mais qui ne sera pas sans conséquence pour le modèle économique
de l’industrie audiovisuelle française et de la création qu’elle finance.
Les multinationales à l’assaut du petit écran
Nombreux sont les géants du net et des nouvelles technologies à investir le marché
de la télé connectée.
La recette de ce nouveau mode de diffusion est simple : mettre à disposition des téléspectateurs
un contenu audiovisuel massif en exploitant les capacités du réseau internet.
Deux types d’acteurs interviennent dans ce domaine.
Certains, dont Netflix, Google, MySkreen, YouTube ou encore Facebook, proposent de multiples
contenus numériques disponibles via des plate-formes multimédias.
D’autres, tels que Sony, Samsung, Apple, Microsoft ou Nintendo, conçoivent les téléviseurs,
boîtiers connectables et consoles permettant de consommer les contenus mis en ligne.
Ces produits et services ont pour vocation de proposer un large choix de VOD et de catch-up TV
(télé différée) directement accessible depuis nos écrans télévisés, et de développer l’interactivité
et la personnalisation via des applications.
Netflix à la conquête de l’Europe
Leader en la matière, le diffuseur américain Netflix a investi près de 600 millions d’euros
outre-Atlantique en séries et longs-métrages pour la seule année 2011 !
A titre de comparaison, ce montant correspond, en France et pour la même période,
à l’ensemble des taxes reversées par les chaînes de télé et les FAI (Fournisseurs d’Accès Internet)
pour financer la création audiovisuelle nationale.
Ses investissements ont permis à Netflix de séduire 25 millions de téléspectateurs nord-américains.
Une progression défiant toute concurrence !
Pour 5 euros par mois, les abonnés peuvent accéder à des milliers de contenus numériques
directement depuis leur écran de télévision.
Après s’être imposer aux Etats-Unis et au Canada, la multinationale s’apprête désormais à introduire
ses programmes dans le paysage audiovisuel européen. Prochaines cibles : l’Espagne et le Royaume Uni.
Quels enjeux pour le PAF ?
Si le concept de télé connectée semble séduisant, il n’en reste pas moins sans conséquences,
tant sur un plan culturel qu’économique.
Maisons de disques et éditeurs de presse ont subis de nombreux dégâts face à leurs concurrents
du web. C’est à présent au tour du secteur de la télévision de trembler !
La principale problématique réside dans le financement de la création audiovisuelle.
En France, ce financement repose en grande partie sur les taxes versées par les chaînes
de télévision et FAI.
Bénéficiant du web pour diffuser ses programmes, Netflix échapperait ainsi
à cette participation financière.
Une situation qui ne manque pas d’attirer l’attention des acteurs français de l’audiovisuel …
Ces derniers voient là l’occasion pour Netflix et ses homologues de s’introduire sur
le marché national avec un net avantage concurrentiel.
Le débat est donc ouvert !
D’un côté, les FAI et les chaînes de télévision françaises, s’efforçant de défendre leur place
sur le marché hexagonal.
De l’autre, les géants de la télé connectée, dont l’ambition et les moyens – techniques et financiers – dépassent de très loin ceux des acteurs français.
L’enjeu final du débat étant … l’espace publicitaire télévisé et les très convoitées recettes
qu’il dégage.

